Sous le feu des critiques, le gouvernement a revu le plan de la campagne de vaccination anti-Covid-19 en France. Des élargissements et un rythme plus soutenu ont été annoncés par le ministre de la Santé. Début janvier, seule une poignée de Français a reçu une injection, contre plusieurs centaines de milliers de personnes chez nos voisins.

Une poignée de Français vaccinés : le rythme de la vaccination critiqué

Mauricette. Au lendemain des fêtes de Noël, le 27 décembre, la France entière découvre le visage – et le biceps – de cette presque octogénaire. Pensionnaire de l’unité de soins de longue durée de l’hôpital René-Muret, à Sevran (93), Mauricette, 78 ans, est la toute première vaccinée contre la Covid-19 de l’Hexagone. Depuis, d’autres résidents d’EHPAD ont reçu à leur tour une injection du produit mis au point par Pfizer et BioNTech… mais à un rythme particulièrement lent et très critiqué :  à peine plus de 500 Français ont été vaccinés au 1er janvier 2021, quand à la même date, l’Italie avait administré 118 000 doses et l’Allemagne, près de 266 000. Le Royaume-Uni, lui, s’approche du million de vaccinés. “On a dépassé les 2 000 vaccinations hier [lundi 4 janvier, ndlr], d’ici jeudi, on va augmenter encore de façon très importante, on va être sur une courbe exponentielle”, a assuré Olivier Véran, le ministre de la Santé, mardi 5 janvier sur RTL. 

Une accélération de la campagne et de nouvelles mesures

Face aux reproches et aux comparaisons internationales peu flatteuses, le ministre de la Santé a annoncé une accélération de la campagne de vaccination. De nouvelles mesures ont été mises en place et vont continuer à l’être dans les jours qui viennent, afin de dynamiser le calendrier initialement prévu et d’élargir les publics éligibles au-delà des seules personnes âgées vivant en établissement de soins  : 

  • depuis le 4 janvier, les personnels de santé âgés de plus de 50 ans peuvent se faire eux aussi vacciner. Les pompiers et aides à domicile de cette même tranche d’âge sont désormais invités à recevoir l’injection ;
  • les personnes âgées de 75 ans et plus qui ne vivent pas en EHPAD pourront avoir accès au vaccin si elles le souhaitent avant la fin du mois, et non plus seulement à partir de février ;
  • de 500 à 600 centres de vaccination ouvriront leurs portes tout au long du mois de janvier. Olivier Véran en promet déjà 300 la semaine prochaine ;
  • un système d’inscription permettra aux Français qui souhaitent se faire vacciner de se faire connaître et de prévoir un rendez-vous.

Une consultation préalable avant de vacciner

Viendront ensuite les phases 2 et 3 de la campagne : vaccination des personnes de plus de 65 ans fin janvier / début février, puis, à la fin du printemps, tout le reste de la population majeure, en commençant par les 50-64 ans et les personnes exerçant dans des secteurs en contact avec le public. 

Les patients qui se feront vacciner devront réaliser, en amont, une consultation préalable auprès de leur médecin traitant. Un rendez-vous destiné à évaluer la situation clinique du patient et à lui détailler les bénéfices et les limites du vaccin. Cette consultation est cotée normalement G(S), et facturée 25 euros. L’acte de vaccination est lui coté VAC, et facturé 9,60 euros, tandis que l’inscription dans le fichier “Vaccin Covid” sur Ameli Pro est rémunéré 5,40 euros, comme le rappelle le syndicat MG-France dans sa fiche pratique « Covid-19 – vaccination : l’anti-sèche ». 

300 millions de doses commandées par l’Union européenne

Pour l’heure, seul le vaccin produit par Pfizer et BioNTech est disponible en France. Deux doses sont nécessaires, à 21 jours d’écart. L’Union européenne en a commandé 300 millions de doses, soit l’équivalent de l’immunisation des deux-tiers des Européens. Le vaccin des laboratoires Moderna a lui été approuvé mercredi 6 janvier par l’Agence européenne du médicament. Celui d’AstraZeneca n’a pas encore reçu l’approbation de l’autorité sanitaire.

 

L’équipe Doctolib.