Priorité donnée aux patients Covid, report des opérations non urgentes, appréhension des patients qui ont interrompu leur suivi médical ou même évité de consulter leur médecin pendant le confinement… Et si la 2e vague concernait d’abord des patients non-Covid, en mal de soin et de suivi ? En tout cas, les médecins généralistes doivent aujourd’hui prendre en charge une multitude de « victimes collatérales » du coronavirus.

Dès mi-avril, un mois après le début du confinement, la CNAM tirait la sonnette d’alarme : le nombre de consultations chez les généralistes était en baisse de 40 %, celui des spécialistes de 71 %. En cause, les consignes mal comprises (« restez chez vous », « appelez le 15 »), la volonté de « ne pas surcharger les soignants », et une crainte parfois disproportionnée des patients de se rendre chez leur médecin. Résultat ? Après deux mois de déconfinement, c’est à vous, généralistes, que revient un long travail de « rattrapage ».

Un retard dans la prévention, le diagnostic et le dépistage 

En matière de prévention et de diagnostic, l’impact de la crise sanitaire se ressent aujourd’hui dans toutes les tranches d’âge :

  • Chez les plus jeunes, les vaccinations obligatoires ont été repoussées ;
  • Chez les patients de tout âge, les diagnostics ont été retardés (avec parfois des conséquences graves notamment en cas de cancer) ;
  • Les patients ont parfois même évité d’appeler les urgences : AVC et infarctus du myocarde ont été moins pris en charge durant le confinement.

Autant de patients qu’il faut maintenant recevoir, traiter parfois pour de nouvelles pathologies, rassurer, voire orienter vers des spécialistes…

Réorganiser le suivi des pathologies « habituelles »

Les patients souffrant de pathologies prises en charge ont parfois interrompu leur suivi, par crainte de se rendre chez leur médecin ou à la pharmacie. 

Alors aujourd’hui chez les malades chroniques, diabétiques, hypertendus ou autres insuffisants cardiaques, c’est parfois toute la prise en charge qu’il faut repenser : refaire un bilan sanguin, réajuster le traitement… et ré-inculquer les bonnes habitudes (alimentation, activité…). 

Après un sondage réalisé début juin, la Fédération Française des Diabétiques et ses quatre partenaires révélait que 4 personnes touchées par une maladie chronique sur 10 n’étaient pas retournées voir leur médecin généraliste, spécialiste ou repris leurs soins courants. Le hashtag #revoirsonmedecin avait alors été lancé sur les réseaux sociaux pour inciter les malades à reprendre leurs soins.

Soigner la fatigue, le stress, l’angoisse…

Les généralistes voient aussi arriver dans leur cabinet des patients présentant de nouveaux maux : épuisement et stress chez les jeunes actifs qui ont dû conjuguer garde des enfants et télétravail, angoisse de personnes qui n’osent plus reprendre une vie normale, patients dont l’état général s’est dégradé en raison de l’inactivité et/ou une alimentation déséquilibrée… Il faut rester à l’écoute de ces nouveaux patients, faire des bilans sanguins, parfois prescrire un arrêt de travail… 

Et parfois l’impact psychologique de la crise sanitaire est très lourd. Des comportements addictifs se sont déclarés ou amplifiés, des dépressions sont apparues, et même des troubles du comportement chez de très jeunes enfants. C’est encore une fois le généraliste qui reçoit ces patients, avant de les orienter éventuellement chez un spécialiste.

Prendre en charge le Covid

Bien sûr, vous devez simultanément prendre en charge les patients Covid avérés ou suspectés, prescrire les tests, identifier les contacts des patients testés positifs… Et, à tous les patients, rappeler les « gestes barrières » souvent négligés : il ne manquerait plus que l’épidémie ne reparte en force, alors même que les retards générés par la 1ère vague ne sont pas encore réglés.

L’équipe Doctolib.