L’année 2020 a vu l’essor de la consultation à distance, en libéral mais aussi dans les établissements de santé. L’épidémie de Covid-19, les confinements et autres restrictions de déplacements ont favorisé son développement : de 4 500 avant mars 2020, le nombre de praticiens équipés, libéraux et hospitaliers, est passé à 35 000 à la fin de l’année 2020. Pour Doctolib, deux hôpitaux et une maternité reviennent sur leur expérience en la matière et leurs projets pour 2021. 

Le confinement du printemps 2020 : un accélérateur pour la téléconsultation dans les établissements de santé

Le phénomène a été largement commenté : la crise épidémique et les confinements qui ont ponctué l’année 2020 ont favorisé l’émergence de la téléconsultation en médecine libérale. Les établissements de santé n’ont pas été en reste. Dès le printemps 2020, ils se sont mobilisés pour que les patients poursuivent leurs soins et puissent consulter leur équipe soignante depuis chez eux. 

“Tout a basculé lors de la première vague”

Certains professionnels de santé exerçant à l’hôpital maîtrisaient déjà bien l’outil et le pratiquaient depuis un certain temps. Pour d’autres, au contraire, ce fut une découverte. “Il y a eu un boom de la consultation vidéo pendant la crise, pour maintenir le lien avec les patients”, témoigne Zohra Ould Said, cheffe de projet consultation vidéo à l’hôpital Foch, interrogée lors d’une table-ronde organisée par Doctolib en décembre dernier. “Tout a basculé pendant la première vague, au printemps. Les médecins ont pu assurer la continuité des soins, notamment pour les patients souffrant de maladies chroniques, de cancers, et nécessitant un suivi”, ajoute Dominique Desmay, directeur du système d’information au Centre hospitalier de la Côte Basque. “Nous avions initié la télémédecine en 2018, de façon d’abord un peu confidentielle, autour de spécificités très particulières”, ajoute-t-il. Des initiatives menées au sein d’EHPAD, de maisons d’arrêt, ou en télémédecine d’urgence autour de l’AVC, mais manquait un développement structuré de la télémédecine. “La crise sanitaire a complètement inscrit la consultation vidéo dans le paysage”, constate Dominique Desmay.

Passé le pic de la crise, l’outil continue à se développer au sein des établissements

Avant le début de l’épidémie, en mars 2020, à peine plus de 4 500 praticiens, hospitaliers et libéraux, étaient équipés avec la solution de téléconsultation Doctolib. À la fin de l’année 2020, ils étaient 35 000 et jusqu’à 100 000 téléconsultations quotidiennes ont été enregistrées au plus haut. Les établissements de santé sont de plus en plus nombreux à adopter la solution, de manière pérenne, et non pas seulement comme une réponse à une crise temporaire : à la fin de l’année 2020, 70 centres hospitaliers universitaires (CHU), centres hospitaliers (CH) et établissements de santé privés d’intérêt collectif (ESPIC), 27 SAMU, 100 centres de santé, 130 centres COVID et 700 laboratoires pratiquaient ainsi la téléconsultation avec Doctolib.

Une utilisation pérenne : plus de spécialités, plus de praticiens

“Nous avons comme priorité en 2021 de développer la consultation vidéo, de l’intégrer dans une pratique soignante qui deviendra courante et qualitative. C’est un enjeu dans la qualité des soins”, indique Zohra Ould Said, de l’hôpital Foch. L’établissement n’envisage pas la consultation vidéo comme un simple face-à-face par écrans interposés entre un praticien et un patient, mais bien comme un soin, intégré à la prise en charge des malades. 

Mêler suivi en présentiel et à distance

La maternité des Bluets, dans l’est parisien, n’a pas attendu la Covid-19 pour pratiquer la consultation vidéo. Depuis novembre 2019, l’établissement la propose, notamment dans les parcours de procréation médicalement assistée (PMA). Dès les premiers jours du confinement, les entretiens prénataux et les inscriptions à la maternité ont basculé en distanciel. Avec succès : les patientes apprécient de pouvoir consulter sans avoir à se déplacer, les futurs papas, alors exclus des maternités pour raisons sanitaires, sont ravis de pouvoir assister aux échanges eux aussi. Désormais, “70 à 75 % de nos praticiens font de la téléconsultation”, explique la maternité des Bluets. Consultation de contraception, rendez-vous au Planning familial… et prochainement, consultation de tabacologie ou éducation thérapeutique au diabète sont proposés en visio. “En 2021, nous souhaitons pouvoir proposer un suivi physique et visio à nos patientes. Et pouvoir ainsi doubler notre nombre de consultations”, poursuit l’établissement. 

Des avantages pour les patients, les soignants et les établissements

Au-delà des avantages évidents pour les patients, qui peuvent avoir accès à leur suivi à distance de façon simple, la consultation vidéo présente des avantages pour les praticiens et les établissements : envoi sécurisé de documents via la messagerie Doctolib, intégration à la gestion des rendez-vous présentiels, sans nouvelle organisation à mettre en place, baisse des retards…

Trois spécialités, dans les établissements, sont particulièrement utilisatrices de téléconsultations : l’anesthésie, la gynécologie médicale et obstétrique et les sages-femmes. Une liste qui devrait très vite s’allonger.

 

L’équipe Doctolib.