Comment serons-nous soignés demain ? Maintes fois réformé, le système sanitaire français doit urgemment se réinventer. Avec une double priorité : la santé des patients et celles des soignants. C’est en améliorant le quotidien des professionnels du soin que l’on améliorera l’accès aux soins de tous les Français. Et c’est ce à quoi Doctolib oeuvre depuis ses débuts, fidèle à sa vision de la santé.

Les années se suivent, les réformes de notre système de santé se succèdent. Le constat, lui, reste le même : les soignés, comme les soignants, souffrent. Les premiers parce qu’ils n’arrivent plus à accéder aux soins comme ils le souhaiteraient, empêchés par des délais d’attente interminables ou un manque de professionnels de santé dans leur région. Les seconds parce qu’ils ne peuvent plus toujours exercer leur métier tel qu’ils l’aiment, embourbés dans de chronophages tâches administratives. Leur vocation est mise à mal.

Soigner la santé par un programme d’investissement majeur

La faute, en partie, à une impitoyable logique économique qui régit le système sanitaire français : le monde de la santé – dont les dépenses représentent 11,2 % du PIB en 2018* – a été prié de se serrer la ceinture, dans une optique de réduction des coûts. Les restrictions financières n’ont pas permis de corriger ce qui devait l’être. Pis : notre système de santé pêche par une certaine inefficacité. Actes inutiles, doublons… 30 % des dépenses de l’Assurance maladie ne sont pas pertinentes, comme l’a estimé la ministre de la Santé Agnès Buzyn, en 2017. Résultat : des dizaines de milliards d’euros sont dépensées en pure perte. 

*Source : OCDE, Panorama de la santé 2019 (parution novembre 2019)

La crise épidémique de la Covid-19 a démontré combien la santé est un secteur indispensable, stratégique, et combien il est pourtant nécessaire d’y investir. Mais pas n’importe comment. “Il faut un programme d’investissement majeur pour la santé”, affirme Stanislas Niox-Chateau, co-fondateur et CEO de Doctolib. “Je le dis sans hésiter : s’il faut mettre des milliards d’euros dans les salaires des personnels de santé et la revalorisation de leurs carrières, ou dans les technologies pour moderniser les cabinets et les hôpitaux, ce sera une meilleure allocation de l’argent public que ce qui s’est fait jusqu’à présent.” Et d’insister : “Attention, je ne dis pas qu’il faut dépenser sans compter. Mais il faut, selon moi, sortir à tout prix de cette logique économique de réduction des coûts pour fonder les investissements uniquement sur l’amélioration des conditions de travail du personnel et la santé des patients”. 

Message – partiellement – entendu : initié au sortir de la crise sanitaire, le Ségur de la Santé prévoit une enveloppe de 8,2 milliards d’euros pour revaloriser les carrières des professionnels de santé et renforcer l’attractivité de l’hôpital public. De nouvelles ambitions pour la santé ont été annoncées : outre cette revalorisation de nos soignants, une nouvelle politique d’investissement et de financement au service de la qualité des soins, une simplification des organisations et du quotidien des équipes de santé afin qu’elles se consacrent à leurs patients, une fédération des acteurs dans les territoires. Ces mesures suffiront-elles à la transformation de notre système de santé de demain ? 

(Re)placer les offreurs de soins au coeur même de la transformation du système de santé

Lorsque l’on parle de transformation du système de santé, deux modèles s’opposent. D’un côté, celui qui imagine remplacer une part des professionnels de santé par des technologies numériques, à travers l’intelligence artificielle, les algorithmes, la médecine prédictive et préventive. De l’autre, une approche centrée sur les “offreurs de soins” que sont les professionnels de santé. Les évolutions de notre système de santé sont entre leurs mains. Le rôle des pouvoirs publics est de les accompagner, en les équipant de technologies et services innovants, en changeant leur manière de travailler. Cette vision là, c’est la nôtre. 

Depuis nos premiers pas, nous nous sommes engagés à faciliter le quotidien des 2,23 millions professionnels de santé. Car des soignants qui exercent dans des bonnes conditions, des soignants qui sont épanouis dans leur métier, ce sont aussi des patients qui vont mieux. “Le moment que nous avons vécu en ce début d’année 2020 nous le prouve : créer les cabinets et les hôpitaux de demain, améliorer l’accès aux soins des patients devient absolument névralgique. C’est la raison d’être de nos technologies et de nos services”, poursuit Stanislas Niox-Chateau. 

Les technologies et les services innovants sont clés pour moderniser notre système de santé. Notre vision pour la santé de demain mêle innovation et humain. Elle s’appuie sur trois piliers. Trois piliers essentiels, aussi basiques que révolutionnaires… et à portée de main. 

1. Plus de temps médical et moins d’administratif : combler 20 ans de retard technologique

Le premier pilier : un meilleur confort de travail des praticiens. Au fil des années, l’administratif a pris un poids trop important dans l’activité des soignants, au détriment du temps médical. Longtemps restés en dehors de la transformation digitale, les professionnels de santé sont aujourd’hui trop peu nombreux à bénéficier des innovations organisationnelles et servicielles à même de les décharger de ces contraintes. “Les praticiens et les hôpitaux utilisent des outils technologiques qui ont vingt ans de retard”, déplore Stanislas Niox-Chateau. “Ils sont isolés, et n’ont pas à leur disposition assez de services innovants”. La prise de rendez-vous en ligne, des factures dématérialisées, le recours à la téléconsultation, l’aide à la prescription ou encore le carnet de santé unique en ligne sont autant d’outils à généraliser au sein des cabinets et hôpitaux de demain.

2. Plus de technologies pour plus d’interactions humaines au sein du parcours de santé : 1,4 million de Français séduits par la téléconsultation

Le deuxième pilier : une relation soignant/soigné encore plus poussée. Les Français aiment leurs professionnels de santé. Attachés à leur médecin généraliste, leurs médecins spécialistes, leur infirmier, leur kinésithérapeuthe, ils sont nombreux à vouloir les consulter plus fréquemment. Faute de temps disponible, ceux-ci n’ont pas toujours la possibilité de leur consacrer du temps. Plébiscitée pendant le confinement et adoptée depuis, la téléconsultation répond à cette problématique. Complémentaire – et non substituable – aux échanges en face à face, la vidéo favorise le suivi du patient et le confort du soignant.

L’engouement pour la téléconsultation ne doit cependant pas faire oublier l’indispensable protection des données qui s’y rattache. “Dans des secteurs comme le nôtre, il faut une innovation humaine et éthique, des règles strictes, et ce n’est pas parce que ces règles existent qu’elles nous empêchent de déployer nos technologies”, indique Stanislas Niox-Chateau, rappelant sa grande préoccupation du respect de la confidentialité. Depuis ses débuts, Doctolib s’efforce de préserver la confidentialité des données de santé, avec un niveau d’exigence toujours plus élevé. “Nous sommes attachés au respect de la vie privée et du secret médical, c’est pourquoi les données collectées ne servent qu’à aider les professionnels et les établissements à gérer leur patientèle et leurs consultations et à inciter les patients à gérer leur santé en ligne”. Les patients doivent garder le contrôle sur ce qui leur est le plus cher, leur identité.

3. Plus de communication entre professionnels pour une meilleure coordination de l’ensemble des acteurs de la santé : 67 millions de patients connectés

Le troisième pilier : une coordination accrue entre acteurs du système de santé. Plus l’on se parle, plus l’on échange, meilleur est le parcours de soins du patient. Et meilleure est sa santé. Encore cloisonné, le secteur de la santé peine à assurer une coopération optimale entre médecine libérale, médecine hospitalière et médico-social, entre structures publiques et structures privées. Dans les différents territoires, il manque d’outils de coordination afin d’assurer le bon suivi des patients. Une articulation entre les acteurs de la santé, praticiens de ville, établissements de santé, est l’une des clés pour mieux répondre aux besoins de santé de proximité, comme l’ont identifié les pouvoirs publics, dans le cadre de la stratégie Ma Santé 2022.

Pour fluidifier les échanges au sein de l’écosystème de santé, sans déperdition d’informations et favoriser la coopération, le numérique apparaît comme un allié indispensable. La mise en place d’un portail d’adressage entre confrères, entre établissements hospitaliers et médecine de ville, la concentration des données du patient dans un carnet de santé digital apparaissent, comme autant de solutions permettant ce nécessaire décloisonnement. 

De nombreuses start-up médicales françaises proposent une panoplie d’outils formidables en la matière. Beaucoup se sont retrouvées sur le bord de la route, faute d’un soutien suffisant. Financement de la santé et financement de l’innovation médicale ne doivent pas être déconnectés. La reconnaissance de l’utilité et de la valeur économique de services d’e-santé restent faibles. Ceux-ci se meurent. “Il faut y remédier au plus vite”, insiste Stanislas Niox-Chateau. 

“Dans le cabinet ou l’hôpital de demain, le professionnel de santé aura plus de temps médical, moins de travail administratif, plus de confort de travail, plus d’outils d’aide au diagnostic”, résume Stanislas Niox-Chateau. Le cabinet et l’hôpital de demain seront aussi plus humains. Toutes ces technologies poursuivent un seul et même but : valoriser l’intervention des médecins, les épauler au quotidien pour leur permettre de se consacrer à leur coeur de métier, leur vocation : le soin. “La santé est un secteur humain par définition”, souligne Stanislas Niox-Chateau. “Il faut des algorithmes bien sûr, de la technologie pour créer des médicaments ou aider les médecins au diagnostic. Mais la clé reste l’interaction humaine”.

L’équipe Doctolib.

Sources : verbatims de Stanislas Niox-Chateau tirés de l’article « Il faut un programme d’investissement majeur dans la santé« , paru sur L’Express(.fr), 04/05/20