Retrouvez ci-dessous les retours d’expérience et bonnes pratiques de Dr. Guillaume Braconnier et Dr. Jean-Marie Frasse-Sombet sur leur utilisation de la consultation vidéo, l’adaptation de leur pratique face à l’épidémie et leur participation au développement de Doctolib.

Docteur Guillaume Braconnier est médecin spécialiste en médecine générale diplômé de la Faculté de Médecine de Lille. Il utilise la consultation vidéo depuis 1 an et son cabinet reste ouvert pendant l’épidémie.

Docteur Jean-Marie Frasse-Sombet est médecin généraliste à Saint-Martin-d’Hères dans l’agglomération Grenobloise. Il utilise la consultation vidéo depuis le 13 mars 2020. Les consultations vidéo représentent maintenant 100% de son activité.

 

Comment vivez-vous cette période d’épidémie ?

Docteur Jean-Marie Frasse-Sombet

C’est stressant de voir venir cette vague. J’ai eu un mauvais pressentiment. Je me doutais bien que mon organisation n’était pas parfaite : je travaille tout seul et il y a parfois des patients qui viennent sans rendez-vous. Alors c’est compliqué de ne pas mélanger les patients dans la salle d’attente. Personnellement je porte beaucoup d’attention à ne pas aggraver l’état de santé de mes patients.

Docteur Guillaume Braconnier

C’est maintenant plus facile que ça ne l’a été. La réorganisation logistique du cabinet et la gestion des premiers cas ont été laborieuses. Aujourd’hui, ça va mieux : on est organisé, on a le matériel nécessaire, et la pédagogie auprès des patients a fonctionné. Ils sont moins anxieux face à la situation.

 

Docteur Frasse-Sombet, vous utilisez la consultation vidéo depuis quelques semaines maintenant quel est votre retour d’expérience ? Comment vivez-vous ce changement dans votre organisation ? 

J’y pensais déjà avant, mais j’étais persuadé que c’était indispensable de voir les gens. J’acceptais de faire des actes médicaux gratuits avec des échanges par mail. Il y a 6 mois, j’ai arrêté de décrocher le téléphone. C’est moi qui appelle les patients quand j’en ai besoin.

Puis quand le virus est arrivé, la consultation vidéo a été une évidence : rester chez soi et dépister les complications est devenu mon rôle pour faire barrière à cette épidémie.

On a vu des médecins tomber en Italie donc j’étais particulièrement concerné. Quelqu’un d’un certain âge comme moi ne doit pas risquer d’encombrer un peu plus les salles de réanimation, si j’avais 25 ans, je serais peut-être resté au cabinet.

Ce que j’ai apprécié avec Doctolib, c’est le cadre 100% légal et l’évolution réactive notamment pour autoriser les nouveaux patients dès que cela a été officiel.

 

Est-ce que la prise en main de l’outil a été facile pour vous ? Quel a été le retour de vos patients ? 

Le 13 mars, je n’ai pas reçu beaucoup de patients et ceux qui se sont déplacés n’osaient même pas rentrer dans la salle d’attente. J’ai donc tout de suite installé la consultation vidéo en pensant que les patients resteraient chez eux.

La prise en main de l’outil est idéale, j’ai fait une consultation avec un autre outil (pour un acte personnel avec le CHU), c’était plus difficile. Les patients avaient déjà l’habitude de Doctolib, car je l’utilise depuis 2 ans. Les personnes âgées ont souvent des aidants à domicile alors j’ai pu consulter une grand-mère de 98 ans en consultation vidéo. Et puis s’il y a un problème de réseau, je rappelle par téléphone.

Les patients consultent moins, mais je pense que c’est lié au décret permettant aux pharmacies de prolonger les traitements jusqu’à fin mai, texte promulgué afin que les personnes âgées n’encombrent pas les salles d’attente.

 

Quant à vous, Docteur Braconnier, vous utilisez la consultation vidéo depuis plus d’un an maintenant. Comment aviez-vous organisé votre agenda avant l’épidémie ? 

J’utilise la consultation vidéo depuis le début. J’avais déjà été précurseur sur la prise de rendez-vous en ligne, débutée en 2013. Au début, j’utilisais une plateforme peu connue, puis Mon Docteur et maintenant Doctolib. De la même manière, j’ai commencé les consultations vidéo dès que cela a été possible, car j’étais convaincu que cela apportait une disponibilité supplémentaire pour les patients.

Avant l’épidémie,  j’avais des plages dédiées à la consultation vidéo en fin de journée, après la fermeture du cabinet.

 

Avez-vous modifié votre organisation pour faire face à l’épidémie ?

Nous avons réorganisé le planning, car la demande en téléconsultations a beaucoup augmenté : j’ai quadruplé le nombre de consultations vidéo. J’ai eu parfois jusqu’à 20 téléconsultations sur certaines journées.

On a également mis en place des consultations vidéo le samedi et le dimanche pour gérer les anxiétés et les cas Covid, ce qui n’a pas mal fonctionné.

 

Vous avez ouvert la consultation vidéo aux nouveaux patients. Comment se sont passées ces consultations vidéo ? 

Docteur Frasse-Sombet

Avant je limitais mes consultations aux patients suivis. Maintenant grâce à la consultation vidéo j’ai ouvert aux nouveaux patients. Je laisse 5 minutes de plus et je m’occupe des feuilles de soin dans un second temps. Le fait que l’on puisse réaliser la partie administrative pendant 48h après la consultation vidéo me permet de gérer comme je le souhaite.

Docteur Braconnier

L’ouverture aux nouveaux patients était un acte militant pour pallier au manque de médecins, par exemple en Seine-Saint-Denis. J’ai eu beaucoup de demandes de patients de cette région. Ces consultations sont plus laborieuses, car on doit créer un dossier de novo, consacrer du temps à l anamnèse, interroger les antécédents médicaux afin de poser un diagnostic et une stratégie thérapeutique fiables. Il faut également garder en tête que certaines téléconsultations doivent être réorientées avec une consultation « physique ». C’est plus difficile pour les patients d’autres régions, car nous n’avons alors pas de réseau local (spécialistes, cabinet de radiologie ou de biologie, etc…).

 

Avez-vous maintenu les consultations en cabinet pendant l’épidémie ? Comment vous protégez-vous ? 

Docteur Frasse-Sombet

Aujourd’hui je fais 100% de consultations vidéo, j’ai eu une dizaine de cas de Covid-19 qui sont restés chez eux et n’ont ainsi contaminé personne. J’attends que les masques soient en vente en pharmacie et je rouvrirai peut-être mon cabinet. Avant le confinement, je fournissais des masques à mes patients, mais certains craignaient que ce soit des masques déjà utilisés, souvent ceux mis à disposition dans mon entrée disparaissaient.

Docteur Braconnier

On a mis en place des mesures d’asepsie, de distanciation et de gestion du flux de patients au sein du cabinet. Nous avons dû protéger le poste secrétariat et annuler les consultations libres.

Je désinfecte le cabinet entre chaque patient. Comme le nombre de consultations a diminué, cela nous laisse le temps d’assurer l’asepsie et la sécurité des patients.

Pour ma part, j’ai un masque, une blouse, des lunettes de protection en cas de cas douteux, pas de gants, mais je me lave les mains entre chaque consultation.

Comment envisagez-vous le déconfinement ? Allez-vous reprendre votre organisation initiale ?

Docteur Frasse-Sombet

Je vais évidemment garder la consultation vidéo pour tout ce qui est infectieux (grippe, gastro…) puis voir dans un second temps si une consultation en cabinet est nécessaire. Pourquoi les personnes avec une pathologie infectieuse contagieuse viendraient automatiquement tous au cabinet ? Souvent juste pour un arrêt de travail…Je ne vais rien faire de plus au cabinet.

Je garde la consultation vidéo également par rapport aux actes gratuits que je faisais à contrecœur. Je ne bâclais pas la consultation gratuite, mais en téléconsultation, on peut prendre son temps et échanger vraiment tout en étant rémunéré. De plus, je suis aujourd’hui au zéro papier pour soulager les caisses d’assurance maladie. La feuille de soin en ligne, c’est vraiment super !

Conseil : pour les nouveaux patients, si votre logiciel ne vous permet de télétransmettre, vous pouvez générer une feuille de soin dématérialisée directement sur Doctolib

Docteur Braconnier

Il n’y a pas eu que des mauvais côtés : on a constaté que la gestion en “tout rendez-vous” et sans consultations libres était plus simple. Je pense conserver cette organisation tout en laissant des plages pour des rendez-vous non programmés. À la reprise, je pense que l’on aura des plages horaires peut-être un peu moins étendues qu’avant la crise, et on incrémentera selon la demande.

On va bien sûr conserver les consultations vidéo avec les plages dédiées en fin de journée, à la fermeture du cabinet. Je vais également proposer des plages de consultations vidéo dans la journée. Ces plages mixtes rendent la journée moins monotone. La consultation vidéo est très différente d’une consultation en cabinet, c’est purement intellectuel dans la mesure où il n’y a pas d’examen du patient.

Quelle est la principale problématique que vous rencontrez actuellement ?

Docteur Frasse-Sombet

La problématique que je rencontre concerne les accidents du travail et maladies professionnelles . Il n’est pas encore possible de les transmettre par email aux caisses d’assurance maladie, mais j’espère que ce sera bientôt possible.

Docteur Braconnier

La baisse de la fréquentation du cabinet. Je suis sur un rythme habituel de plus de 40 consultations par jour ;  le fait de n’avoir plus que 20 personnes par jour est déstabilisant. Ce n’est pas mauvais, ça nous permet d’avoir plus de temps, de rentrer plus tôt. Mais ce qui m’inquiète le plus est l’impact sur le suivi des cas chroniques. Je pense qu’on aura un regain de complications au déconfinement, ce qui m’inquiète un peu. Alors, je rappelle ces patients chroniques pour savoir comment ils vont et j’essaie de faire de la pédagogie.

Si vous aviez un conseil ou une bonne pratique à communiquer à vos confrères et consoeurs quel serait-il ?

Docteur Frasse-Sombet

Mon conseil : prendre son temps en consultation vidéo (15 minutes) plutôt que multiplier les actes gratuits !

Docteur Braconnier

Pour les consultations vidéo j’ai mis en place des trames d’interrogatoires et d’observations qui me permettent de guider la consultation de manière standardisée, notamment les cas Covid. Cela me permet d’être plus systématique.

Docteur Braconnier, en tant qu’utilisateur de Doctolib vous êtes impliqué dans le développement des nouvelles fonctionnalités via la suggestion d’idées, mais également via les Beta-Test. Pourriez-vous nous décrire cet engagement et vos motivations ?

On passe 10h à 12h par jour sur des outils que l’on n’a pas créés. Les bêta-tests me permettent de participer à la création de nouvelles fonctionnalités et de nouveaux outils faits pour nous, les médecins, afin d’optimiser notre pratique et nous faire gagner du temps.

Les ateliers sont également l’occasion de rencontrer d’autres confrères qui ne pratiquent pas de la même manière et de confronter les pratiques

Sur la communauté, ce qui me plait, c’est le retour des confrères sur les idées que l’on publie. Cela nous permet de  voir si on est hors champ sur les problématiques que l’on rencontre. Par exemple, sur la gestion du planning, et notamment sur l’incrémentation sur les plages, j’ai pu constater que c’est un problème que je ne suis pas le seul à rencontrer.

De plus, j’aime suivre les actualités sur Doctolib, les solutions que vous proposez, être informé des nouveaux produits. C’est un grand brainstorming qui me plait bien !

Docteur Frasse-Sombet, vous avez été très actif sur la communauté pour aider vos confrères et consoeurs dans la prise en main de l’outil (6 solutions acceptées !). Quelle a été votre motivation pour aider vos confrères ? 

Oui j’ai eu quelques bonnes réponses ! Parfois cela m’a permis de réfléchir aux différentes problématiques alors j’ai appris et je l’ai partagé. Si on réfléchit un peu, on peut appliquer les paramètres que l’on veut. Et puis, je souhaitais que la consultation soit adoptée par le plus grand nombre.

J’ai également ressenti le besoin de vous encourager parce que ce que vous avez fait c’est incroyable. Je suis informatisé depuis longtemps et j’en ai eu des prestataires où il fallait payer la maintenance complètement inefficace … Alors que là vous étiez très réactifs. Dès qu’on a une question, on a tout de suite la réponse. Ce que Doctolib a fait, c’est au-delà de l’intérêt individuel.

Le mot de la fin : Merci ! Parce que si je n’avais pas eu l’aide de Doctolib, je serais peut-être rapidement tombé malade n’ayant pas les protections indispensables (FFP2, visière plexi ..etc)

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